Bonjour ou bonsoir, & bien sûr bienvenue :)

Bonjour ou bonsoir, & bien sûr bienvenue :)


____Donc déjà, pour ceux qui l'auraient pas encore remarqué, je poste ici ma deuxième fiction. ( La première étant Yumiko-Fiction. ) Alors, je vais pas dire que j'ai beaucoup d'éxpérience dans le domaine de l'écriture ect, donc si vous avez des remarques hésitez pas, et puis si les fautes d'orthographes vous gènent, n'hésitez pas à me les signaler aussi :) .

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____ Donc déjà, les informations banales de tout blog de fiction qui se respecte : 1) Le plagiat est ( tout naturellement je pense ) interdit. 2) Tout les amis son acceptés, mais ce qui serait cool, ce serait que vous laissiez une petite trace de votre passage, je demande pas dix milles commentaires, mais éviter de m'ajouter bêtement quoi lol, et conçernant les favoris/affiliates, je refuse. En favoris je peux ajouter uniquement si une fiction me plait. 3) Je rend pas les commentaires en général, mais j'y répond toujours. Pareil pour les pubs : Je les accepte, je les lis de temps en temps, mais je viendrais pas forcément sur votre blog. 4) Et enfin pour etre prévenu des nouveaux chapitres/modifications, demander moi à la fin de chaque chapitre.
____ Précisions à propos de la fiction : 1) Tout les personnages sont fictifs, ils n'auront aucuns point en commun avec mon caractère, et encore moins avec celui de certains de mes amis ( contrairement à Yumiko. ) Tout le scénario à été inventer par moi et moi même ( héhé ) et je me suis inspirée d'aucun récit existant déjà. 2) Ensuite, les personnages ne sont representés par aucunes star ou je ne sais quoi, à vous d'imaginer leurs visages, en fonction des descriptions que je vous ferais :).
____

Je suis inscrite ici :


____Voilà :). Donc j'ai plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture. Laissez vos avis ;)

# Posté le dimanche 20 septembre 2009 08:24

Modifié le samedi 05 décembre 2009 09:17

Prologue.

Prologue.
Boston, 16 heures 27.
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__Je courais dans les ruelles sombres, sentant mon coeur se contracter à chacun de mes pas qui devenaient de plus en plus douloureux. Portant mes mains à mes hanches qui me faisaient atrocement souffrir, je courais, encore et toujours, redoutant le moment où il me trouverait, redoutant le moment où il me ferait payer. Le moment où il ferait ce qu'il m'a toujours promis. J'étais perdu, sous le froid redoutable et la pluie qui tombait par cordes. Mes habits, trempés, m'obligeaient à fournir un effort surhumain pour pouvoir mouvoir mes membres à présent glacer.
__Ne sentant plus mes jambes, je m'accoudais contre le mur miteux qui se tenait devant moi. Le mur qui mettait fin à l'impasse sombre que j'avais, naïvement, emprunter quelques minutes auparavant.
__Essuyant inutilement les gouttes qui dégoulinaient sur mes joues fraîches, j'ôtais déjà ma veste qui m'était à présent plus une charge qu'un objet de réel utilité, pour la jeter dans un coin de la ruelle.
__Regardez-moi.
__A peine 20 ans. Et ma vie se résume déjà à la fugue, aux mensonges, au sexe, à l'alcool, aux trahisons et tout ce qui s'en suit. A peine 20 ans.
__Reprenant doucement mon souffle, je fermais les yeux face à cette affreuse vérité qui m'éclatait à la tête, comme un torrent de mots blessants, tous aussi tranchants et directs les uns que les autres. Comment j'en étais arrivé la ?
__Essuyant une énième fois les gouttes qui perlaient sur mon crâne, passant une main tremblante dans mes cheveux bruns trempés, j'allais tourner les talons, lorsqu'une lumière vive attira mon attention. Remarquant que l'homme qui possédait cette incroyable source de lumière s'avançait vers moi, je fut prit d'un vent de panique.
__C'était lui.
__Je le reconnaissais. Grand, avec une musculature incroyable, que son t-shirt trempé moulait à la perfection. Lui, avec son regard gris acier à vous glacer le sang, avec ses cheveux noirs corbeaux qui lui donnaient un air sombre et démoniaque.
__Lui.
___- Alors, Aaron, combien de temps encore pensait tu m'échapper ?
__J'étais coincé. Prenant la réalité de plein fouet, je m'avançais, d'un pas très peu assuré. Arrivé à une certaine hauteur et devant mon manque de réponse, il me regarda de hauts en bas avant de jeter sa lampe torche à terre, qui s'éteignit sous l'impact.
___- Regarde toi, me dit-il, un air de dégoût affiché sur son visage fermé. Regarde toi, tu ressembles à un pauvre petit rat apeuré devant la mort. Alors, supplie moi maintenant, j'attends. Supplie moi d'épargner ta pauvre et misérable petite vie.
__Il se positionna devant moi, mains sur les hanches.
__M'élançant à genoux par terre, je le regardait, tremblant. J'avais si peur.
___- S'il te plaît, Max, je me rachèterais, je travaillerais dur, je ferais tout ce que tu voudras, absolument tout !
__Un grognement sourd monta de sa poitrine et sans que je m'y attende, il m'empoigna les cheveux de sa main de fer, ce qui m'arracha un petit cri de surprise.
___- Serais-tu capable de la faire revivre ? Serais-tu capable, d'enlever cette tristesse qui me secoue depuis le jour où on ma appris qu'elle était morte, par ta faute ?
__La peur s'étendit encore un peu plus, jusqu'à me paralyser entièrement. Il se tenais là, devant moi, en position de force, tandis que moi, petit gringalet j'étais sa proie, sa victime. Devant mon absence de réponse il ricana, avant de me lancer à terre, ce qui me valut une longue égratignure sur ma joue droite.
__Sentant la chaleur du sang chaud qui contrastait avec le froid de la pluie, mon visage se tordit en une grimace indescriptible.
___- Je prens ça comme un non, ajout a-t-il. C'est dommage, vraiment dommage. Enfin, pour toi surtout.
__Sortant le revolver noir qu'il dissimulait toujours à sa ceinture, il souriait. Se sourire stupide et froid que je connaissais si bien.
___- Je vais maintenant faire ce que j'attends depuis tant d'années. Je vais réaliser le meilleur de mes fantasmes. Te tuer.
__La balle partit dans un sifflement à s'en vriller les tympans.
__

# Posté le dimanche 20 septembre 2009 10:42

Modifié le mardi 29 septembre 2009 12:47

Chapitre I.

Chapitre I.
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__Sortant doucement de la couverture sous laquelle nous étions cloîtrés depuis des heures, elle me caressa sensuellement les cheveux, geste qui me fit sursauter de plaisir.
__Emmy était mon amante depuis plus de deux mois à présent. Je l'avais rencontré autour d'un verre, dans une boite branchée de Phoenix, en Arizona. J'avais 18 ans, elle en avait 20.
__Sous l'effet de l'alcool, on avait finalement décidé de passer la nuit ensemble.
__Parfait me direz vous ? Cela aurait pu être... Le début d'une magnifique histoire d'amour, le début d'un peu de stabilité dans ma vie quelque peu mouvementée ? Et bien non.
__Le problème, c'est qu'au petit matin, après une nuit bien arrosée et surtout bien agitée, ma jolie blonde m'a annoncée qu'elle était, déjà, fiancée à Max Sue.
__Honnêtement, un autre que Max ne m'aurait causer aucun problème, mais là, ce n'était pas le cas.
__C'était le Max ;
__Celui que tous craignaient que tous redoutaient.
__Celui que je craignais, que je redoutais.
__Le Max qui cachait, sous ses allures de bon fils à papa, un homme digne des pires cités de Phoenix. Trafiquant de drogue, habitué des prostituées, violence gratuite et j'en passe. Cet homme était plus respecté dans les ruelles sombres que n'importe quel Président et n'hésitait surtout pas à liquider le moindre minus qui osait lui faire de l'ombre.
__Et personnellement, après avoir fait parti de ces nombreux gamins à avoir crier grâce sous ses multiples coups de poings, l'idée de l'affronter à nouveau ne me frôlait même pas l'esprit, surtout pour une femme.
___- Tu devrais partir, me dit finalement Emmy, me sortant de mes songes. Max rentres dans pas longtemps et je ne penses pas qu'il aimerais voir son frère nu, dans le même lit que sa copine, nue elle aussi.
__Oui, vous avez bien compris.
__Maximilien, dit Max Sue, était mon frère.

*

__Sortant dans le froid glacial, je me dirigeais d'un pas lent vers mon endroit favoris.
__Achetant plusieurs doses de drogue, ou du moins assez pour subvenir à mes envies soudaines de planer un peu, au gars qui me reconnaissait à présent parfaitement bien, je sortit de cette petite ruelle sombre et isolée pour me diriger vers une autre, pas très loin.
__Vers l'unique refuge que je possédais, l'unique refuge qui m'acceptait encore.
__Le garage, comme je l'appelais, que j'avais pu acquérir grâce à mes maigres moyens, m'abritait depuis que mes parents, bourges à un point inimaginable, m'avaient foutus à la porte en apprenant mes notes et mon comportement catastrophique au cours de l'année.
__Rien de très spécial, une pièce assez moyenne, dont les murs s'effritaient un peu de partout, avec un lino un peu craquelé. Des meubles basiques, quelques peu amochés mais, je possédait le stricte minimum, ce qui m'allait déjà très bien. Rien de très luxueux en somme.
__Après avoir lutté contre la minuscule porte d'entrée pendant cinq bonnes minutes, je m'installais lourdement dans le canapé de cuir marron, ou du moins ce qu'il en restait, poussant d'un geste usé le préservatif usagé qui s'étendait à mes pieds, preuve de mes derniers ébats avec une jeune fille naïve et innocente.
__Ramenant la couverture rapiécée sur mon torse, je fermis les yeux afin de me glisser dans ce monde de rêves et merveilles dans lequel je ne m'autorisais plus que de rares expéditions.
__

# Posté le lundi 21 septembre 2009 14:43

Modifié le mardi 10 novembre 2009 16:15

Chapitre II.

Chapitre II.
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__Passant sa main blanchâtre sur mon torse encore trempé de sueur, elle embrassa fougueusement ma bouche, qui, au contact de ses lèvres pulpeuses, s'étira en un large sourire.
J'étais sous pression. Sa main frôlait chaque partie de mon corps, sa bouche effleurait chaque partie qui lui était accessible et ses yeux, magnifiques yeux, ne regardaient que moi.
__Un sourire mystérieux se forma sur son visage et elle s'approcha lentement de mon oreille.
Un geste qui ne m'était à présent plus inconnu.
__Inspirant longuement, elle ouvrit la bouche afin de me murmurer une petite phrase que je connaissais par coeur.
___- Je te veux, me dit-elle, d'une manière affreusement sensuelle. Pour cela, tue là. Tue les. Toutes ces jeunes femmes qui ont ou qui partagent ta vie. Tue les.

__Impact.
__Mes yeux se ré-ouvrirent, presque instinctivement et je portais immédiatement la main sur ma bouche encore brûlante de désir.
__A présent, la petite part de rêve qui m'avait submerger cette nuit, laissait place aux doutes et aux questions. Comme toujours.
__Cette femme. Elle me hantais.
__Chaque nuit, elle me hantais.
__Ses longs cheveux brun, son regard charbonneux et ses lèvres qui ne frôlent que les miennes, ça me hantait.
__Cette femme.
__Elle me veut, je la veux. Pour cela ?
__Les tuer. Impossible ?
__Bien sûr que non. J'avais déjà commencé le travail.

*

__Rejoignant Lyra qui était assise comme à son habitude sur les marches de devant, elle me sourit. Passant comme toujours, une main dans mes cheveux encore humides, elle déposa un baiser sur ma joue fraîche.
__Lyra était ma petite soeur. Elle était la seule à ne pas encore avoir quitter le bercail familial et pour l'instant, elle avait l'air de plutôt bien se porter.
__Elle était aussi la seule de la famille à encore m'adresser la parole. Quand ce n'était pas mes parents que je croisais dehors, ou mon frère qui me regardait toujours de ce regard mauvais, elle était toujours là, pour me soutenir, même si elle était consciente que ma vie n'avait pas de but précis.
Mais elle gardait espoir, pour moi.
___- Alors, mon chère petit Aaron, commença-t-elle. N'as-tu pas de jolie conquête à me présenter aujourd'hui ? s'étonna-t-elle, un rictus moqueur placardé sur son visage aux traits encore enfantins.
____- Et non, comme tu peux le voir, mais ça ne saurait tarder, rigolais-je bêtement, prenant part, sans le vouloir, à sa petite blague à laquelle j'étais maintenant habitué.
___- Hum, bien, dit-elle, en regardant néanmoins par-dessus mon épaule, pour s'assurer qu'une jeune et jolie fille ne s'y baladait pas, avec pour seul vêtements une serviette de bain.
__
__Se positionnant face à moi, Lyra prit son air sérieux, air qu'elle savait parfaitement utiliser pour obtenir ce qu'elle voulait.
__Air qui ne marchait, malheureusement pour elle, que très rarement sur moi.
___- Tu sais, tu devrais vraiment revenir à la maison, me dit-elle, pour la énième fois depuis que j'avais décidé de renoncer à la vie de petit bourgeois en mal d'amour.
___- Lyra, on en as déjà parlé ! L'affaire est close, répliquais-je, fermement, manière de lui indiquer gentiment que je voulais éviter le sujet.
___- Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, Aaron, se moqua-t-elle, en affichant tout de même un air bougon.
___- Exactement ! Alors, si tu cessais un peu de m'harceler, hein ?
___- Ah... ce que tu peux être ennuyant. Soupira-t-elle.
___- Moi, ennuyant ? Non, vraiment ? Rigolais-je, en encerclant sa taille fine de mes bras.
___- Tais-toi !

*

18 heures.
__L'heure de retrouver la charmante petite Emmy.
__Me dirigeant d'un pas lent vers l'immeuble blanc hôpital qui se dressait devant moi, je soupirais.
__Admirant le filet de fumée qui sortait de ma bouche a chaque expiration, je me frottais les mains afin d'espérer un peu de chaleur. Le froid atroce me mordait la peau. Détestant cette sensation, je me mis à courir.

__Entrant doucement dans le hall d'entrée, prenant soin de ne pas me faire remarquer, je montais les escaliers marbrés avant de me retrouver devant la porte numéro quatre.
__Sans même prendre la peine de sonner, j'entrais. Emmy me sauta au cou, arborant un sourire éclatant.
___- Enfin ! S'écria-t-elle.
__Ses jolis cheveux blonds vinrent chatouiller le bout de mon nez, action qui me fit, malgré moi, rire. Entraînant Emmy dans une danse endiablée, je déposais mes lèvres brûlantes sur les siennes avant de lui sourire à mon tour.
___- Je t'ai manqué ? Demandais-je néanmoins.
___- Tu n'imagines pas à quel point, mon ange... Me susurra-t-elle, adoptant sa pose " je-me-la-pete.com " .
___- On se retrouve en haut, comme d'habitude ? Me demanda-t-elle, commençant déjà à ôter ses vêtements.
___- Oui oui, je te rejoins.
__Attendant que sa silhouette fine ait disparu de mon champ de vision, je m'approchais de la cuisine. Le petit couteau posé bien en évidence sur le comptoir acajou me plaisait bien. Son manche en acier gris et sa lame aiguisée au maximum lui donnait... un charme monstrueux.
__Le saisissant pour jouer avec la lame, je m'interrogeais.
___- Et si... ?
__Bruit de porte.
__Sans prendre la peine de dire au revoir, je m'évadais par la fenêtre de secours, alors que Max annonçait déjà son arrivée.
__Une fois de plus, ce ne sera pas pour ce soir.

*

__M'élançant dans la rue à présent éclairer par quelques rares lampadaires, je partais en direction du bar le plus proche. Glissant mes mains dans mes poches afin de les protéger du froid, je frissonnais.
__

# Posté le vendredi 02 octobre 2009 15:12

Modifié le mardi 10 novembre 2009 16:15

Chapitre III.

Chapitre III.
__Sentant son sang chaud noyer mes mains, j'éprouvais un réel plaisir à la voir souffrir. Cette petite chose si fragile, si douce, si tendre, qui m'appartenais, à présent. Je jouais avec sa vie comme un enfant de trois ans aurait jouer au hochet. Et j'aimais ça.
__M'implorant de ce regard, à moitié vide de vie, je souriais, cruel.
__Parcourant lentement sa colonne vertébral, elle criais. De toutes ses forces. Autant qu'elle put.
__Pour la dernière fois de ça vie.
__Le petit son à peine audible qui sortit de sa bouche m'amusa quelques secondes, avant de m'attendrir. Qu'elle pauvre petite sotte.
__Ayant assez jouer pour cette froide nuit, je décidais d'en finir la, me lassant du peu de divertissement que m'offrait cette jeune victime.
__Saisissant sa nuque, je lui glissais un léger baiser qui effleura tendrement sa peau de pêche, et lui sourit.
__Comprenant sans doutes la situation, elle me regardait, encore et toujours avec son regard emplis de colère.
____- C'est dingue ça, tout le mépris qu'il peut y avoir dans le regard d'une si jeune fille, lui soufflais-je doucement.
__Elle me haïssais, j'aimais ça.
__Saisissant son bras enchaîné au mien, j'ouvris les menottes, instrument de torture.
__Je la regardais gémir, souffler, supplier, où bien encore pleurer.
____- La souffrance est décidément le plus magnifique des sentiments...
__Et sans plus attendre, je la tuait.

__Jouissant de tout ce mal que je lui produisait, je rigolais, encore et encore.
__L'admirant, je laissais finalement son corps nu et inerte à terre, afin de me diriger avec empressement vers la sortie de cette petite cour dans la quelle je m'étais aventuré depuis des heures déjà.
__Remontant ma capuche et fermant ma veste, je frissonnais dans ce froid glacial.
__Encore une soirée magnifique, dont j'étais bien sûr, le héros.

*

__Lyra et moi étions en ville. Elle me parlais de tout, de rien, croyant m'intéresser ne serait-ce qu'une fraction de secondes.
__Mais mon esprit était ailleurs, occupé à réfléchir.
__Ce soir, j'y arriverais.
__Max étant absent ce week-end, ma tâche serais facilitée. Ou en tout les cas, beaucoup plus aisée.
__Concernant la tactique...
____- Tu m'écoutes, Aaron ? S'impatienta Lyra devant mon manque de réponses.
____- Oui, oui... Soupirais-je, sortant en vain de mes rêveries, tout en lui adressant un sourire maladroit.
____- Alors, répond moi !
____- Euh, de quoi on parlais déjà ?
____- Tu n'est vraiment pas vivable, Aaron Sue. Vraiment pas vivable.
__Avançant lentement dans la longue ruelle que nous arpentions déjà depuis un petit moment, Lyra s'arrêta pour écouter les informations que le présentateur donnait via la petite télé dans la vitrine.
____- " Hier encore, une jeune fille de 19 ans à été retrouvée morte dans son propre domicile alors que ses parents s'étaient absentés trois jours, raisons professionnelles. Nous pensons bien qu'il s'agit du même agresseur que pour les seize précédentes victimes, après avoir observer les méthodes de tortures effectuées sur le corps de la femme. La police de Phoenix et les hautes autorités D'Amérique sont toujours en quête de cet agresseur, et espèrent l'arrêter pour enfin arrêter ce massacre. "
__Me regardant fixement, Lyra tremblais.
__La peur était nettement lisible dans ses yeux noisettes, ce qui me fit légèrement sourire.
____- Crois tu qu'il est encore à Phoenix ? Murmura-t-elle.
____- Oui.
__Voyant son air dépité, je reprit la parole afin d'éviter le flot de larmes qui menaçaient de couler sur ses joues pâles.
____- Il ne te feras rien, je te le jure. Je te protégerais.
____- Je sais, Aaron... Soupira-t-elle, en m'enlaçant. Je peux dormir chez toi ce soir ? J'en aurais besoin.
__Voilà qui compliquait mon coup... Un sourire gené s'afficha sur mon visage. Ce soir, j'avais des projets. Et pas n'importe les quels. Les projets qui allaient sans doutes changer ma vie.
____- Oui, bien sûr, répondis-je.
__La réponse était venue, seule. Le meurtre sera pour un autre soir. Après tout, il fallait sans doutes laisser couler un peu de temps.
__Pour étouffer le poisson.

__S'éloignant, je prit la main gelée de Lyra pour la mettre dans la poche de ma veste, et nous marchâmes vers mon lieu de résidence.
__Secrètement, je priais pour que la tentation d'égratigner ma si jolie soeur ne se fasse pas trop forte pendant la nuit.

# Posté le jeudi 15 octobre 2009 12:50

Modifié le vendredi 23 octobre 2009 06:32

Chapitre IV

Chapitre IV
__Nous étions tous les deux allongés sur le canapé-lit que j'avais déplié quelques minutes auparavant. Admirant le plafond blanc cassé, elle souriait. Moi, je tremblais. Le froid ? Non non, pas ça ; j'étais emmitouflé dans la couette. La peur ? Peut-être un peu, oui. Me retournant sur le ventre, je l'admirais. Ses doux cheveux noir ébène, son regard animé par deux globes noisettes, sa bouche fine et souriante, son corps frêle... Je m'égarais dans la contemplation de ce chef d'oeuvre. Ma soeur ? Non, laissons nous aller... Faisons comme ci ne rien n'était... Juste une nuit.
__Avançant ma main vers sa tête, elle esquiva et se mit assise dans le lit et me regarda en souriant, toujours.
____- Je suis fatiguée, maintenant, déclara-t-elle. Tu veux bien me laisser dormir s'il te plaît ? J'aimerais pouvoir bien dormir pour une fois, et, ce n'est pas avec tes ronflements sonores que j'y arriverais, se moqua-t-elle gentiment.
__Mes joues s'empourprèrent tout de même. Je déposais un léger baiser sur ses joues pâles avant de partir en direction de ma chambre. M'allongeant sans prendre la peine de défaire les couvertures, je fermais les yeux, nerveux. Quand je fus propulsé dans le monde des rêves, on me rejeta, violemment. Sans plus rien comprendre, je me levais, regardant autour de moi, une main sur le front tentant d'enlever ce mal qui me rongeait le cerveau. La goutte de sueur qui dévala mon dos me fit frissonner.
__Quand ce fut l'impact.
__Mes yeux furent animés d'une étrange lueur, une lueur douce et froide, une lueur rouge et meurtrière. Une lueur qui me hantait chaque soir, chaque nuit, chaque journée. La lueur de la mort. M'avançant doucement dans la cuisine, je savais ce que je devais faire, choisir, ou encore comment procéder. Choisissant le couteau qui était posé en évidence dans l'évier, je l'examinais. Précis, aiguisé, pratique et discret. Parfait, non ?
__Sans plus attendre, j'avançais à grands pas vers le salon, pièce où m'attendais ma chère soeur. Faisant glisser la lame sur son corps fin, je fis glisser la couverture afin d'apercevoir ses parties les plus intimes. J'étais excité. Pas pour cette vue magnifique qu'elle m'offrait là, non au contraire, mais j'étais excité, par ses veines bleutés qui courait le long de son bras, par l'artère qui pulsait dans son cou, par le coeur qui hantait sa poitrine. Je les voyais, les sentais, les entendais.
__Dans une seconde décisive, j'enfonçais mon arme au plus profond de son être, juste en dessous du coeur. Elle ouvrit les yeux, lourdement et me regarda. Ouvrant sa bouche avec peine, elle déplaça son regard vers le manche de couteau qui dépassait de sa poitrine, avant de le déplacer vers ma main qui le tenait toujours. Ses yeux remontèrent le long de mon bras, caressèrent mon cou et effleurèrent ma bouche, pour enfin se poser sur mon propre regard. Une perle salée roula le long de ses joues et elle prononça quelques mots inaudibles.
__- Pourquoi ?
__Ce mot résonna en moi comme une supplication, un appel. Ce mot dépourvu de tout sens prit alors en moi une signification étrange, mêlée de pleurs, de tristesse et de larmes. Dans un silence pesant, elle s'éteignit, avec comme dernière vision, l'image meurtrière de son frère bien aimé plantant un couteau dans sa poitrine. Il n'y avait pas que le coeur qui avait été touché, je le savais. Il y avait aussi la confiance qu'elle m'accordait, confiance naïve et immature. L'amour qu'elle avait pour moi, cet amour fraternelle qu'elle croyait indestructible tant il était solide. Maintenant ? Tout était brisé et elle se retrouvait là, dans mon salon, à giser dans son propre sang et à planer dans le néant attendant que le Paradis lui ouvre ses portes.
__Mon plaisir ? Immense. Jusqu'au moment où mon regard se posa sur ses yeux à présent inertes. Effaçant le sourire narquois qui trônait sur mes lèvres, j'enlevais le couteau qui partit dans un bruit de succion effroyable, pour remonter la couverture sur le corps pâle de Lyra.
__Sortant du garage en courant, je fermais la petite porte à clé et m'élançait dans la ruelle ou Emmy habitait.
__C'était ce soir, ou jamais.

*

__Toquant à la porte, Emmy m'ouvrit, ses cheveux blonds soigneusement attachés en queue de cheval, sa chemise de nuit rose dévoilant ses magnifiques jambes douces et lisses. La prenant dans mes bras, je l'emmenais dans le canapé et sans dire un mot, j'enlevais sa chemisette, tout en enlevant, moi aussi, mon pantalon. La petite bosse qui s'y était formé avait alerté Emmy et cette dernière se laissa faire, comprenant tout à fait la situation. L'embrassant fougueusement, la chaleur de mes baiser devant sans doutes brûler ses lèvres, la violence de mes gestes devait sans doutes lui faire mal, mais peu importe, c'était mon plaisir le plus important dans tout ça.
__Mon désir.
__Au bout d'une heure de va-et-vient interminables, l'acte finit, je m'enlevais de ma compagne et ramassais mes vêtements qui avaient été jetés un peu partout dans le studio. Me rhabillant, j'adressai à Emmy un regard froid et dur. La petite blonde s'avança vers moi, l'air songeur.
____- Tu es sûr que ça...
__Le couteau se planta dans les côtes. Je le fis remonter vers le coeur, lentement, avant de faire tourner la lame deux fois, ou trois peut être, je ne sais plus. Le flot de sang qui jaillit de sa bouche pulpeuse m'indiqua que j'avais bien fait mon travail.
__Prenant l'échelle de sécurité que je pouvais atteindre de la fenêtre de la cuisine, je souriais. Le vent caressait mes cheveux humides, soufflait dans ma veste de cuir et aérait mon visage. J'aimais cette sensation. Cette sensation de calme après la tempête, vous voyez.
__M'élançant dans la rue principale, je pris le premier taxi qui se montra et lui ordonna un endroit. Un endroit éloigné le plus possible, une ville proche et loin à la fois, un nouveau départ. Je lui demandais d'un ton défiant toute autorité.

__C'était parti. Le tournant de ma vie était enfin enclenché, le sang avait coulé, maintenant, il ne manquait plus qu'à attendre. Attendre quoi ? Ca, je ne le savais pas moi-même...

# Posté le lundi 02 novembre 2009 05:42

Modifié le mardi 10 novembre 2009 14:19

Chapitre V

Chapitre V
__Je posais enfin les pieds sur les terres de San Angelo, au Texas. En m'extirpant du véhicule bouillonnant de chaleur, je ressentis, bien enfoui au fond de ma tête, les plusieurs heures de voyage et finalement, j'étais bien content d'arriver.
__Jetant une petite liasse de billets verts sur le siège passager à l'avant de la voiture, je me retournais, plaçant ma main en visière pour me protéger du soleil qui commençait déjà à se faire pesant.
Je n'avais aucun repaires, aucun sens de l'orientation et pouvoir me retrouver à San Angelo avait été, pour moi, une véritable épreuve du combattant.
__M'absentant dans la contemplation de ce paysage ensoleillé, je m'émerveillais. Où étaient passées les ruelles sombres et froides, mal famées et dangereuses de Phoenix ? Les pistes de basket vides et abandonnées utilisées pour les réunions de trafiquants ou autres ? Ce changement si radical de paysage me perdait. M'avançant à pas lents vers la nouvelle ville qui me tendait les bras, j'explorais ce nouvel univers et me délectant le plus possible de la joie que m'offraient ces nouveaux paysages.
__Me renseignant sur les possibilités de trouver un hôtel, je fut dirigé vers l'hôtel Hampton Inn, visiblement de bonne qualité, mais l'argent ne me manquais pas.
__Par chance, le jour de mon arrivée n'était pas en période de vacances, il restait donc plusieurs chambres libres. Prenant celle qui me paraissait être la plus simple, je montais à l'aide des escaliers de marbre pour voir le lieu où j'allais habiter pendant un petit moment, certainement.
__Poussant la porte de bois sombre, je m'esclaffais bruyamment devant le maître d'hôtel visiblement ravi. Me laissant seul, il m'indiqua le numéro, et m'affirma que je pouvais les appeler à tout moment de la journée et si besoin, de la nuit.
__Cette pièce était magnifique. Le grand lit qui trônait fièrement au milieu de la pièce était en bois, un bois lustré et foncé, qui se mariait parfaitement avec le linge de lit noir et chocolat. Le petit salon disposé devant le lit était tout de cuir marron ou beige et la table basse en fer forgé s'assemblait parfaitement avec les barres métalliques qui maintenaient les dossiers de ces fauteuils aux allures confortables. La télévision était posée sur le petit buffet, à côté de mon nécessaire de bain. Bain qui, d'ailleurs, se trouvait dans la même pièce, caché uniquement par un paravent de bois foncé. Allumant le lustre, une lumière douce et paisible se diffusa aussitôt dans toute la pièce et je partit en direction du grand miroir disposé au-dessus de l'évier de porcelaine blanche.
__Mon visage était marqué par la fatigue, la nervosité. Cependant, l'âge n'était pas encore visible, aucune ride n'était pour l'instant apparente et c'était très bien ainsi. Mes cheveux bruns clairs étaient coiffés sans y être et ma barbe mal rasée envahissait mes joues et mon menton. Mes yeux gris aciers, froids et puissants, se fermaient presque automatiquement sous l'effet de la fatigue et ma fine lèvre tremblait légèrement.
__Posant l'unique sac que j'avais emporté en hâte de mon vieux garage, je jetais un rapide coup d'oeil à ma montre afin de m'apercevoir que la journée se terminerait dans quelques heures, pour laisser place à la nuit sombre et froide, sans oublier la lune blanchâtre.


__Je sortit, vêtu d'un simple jean délavé et troué au niveau des genoux, ainsi qu'un haut noir et me dirigeais donc vers le bar de l'hôtel, là où une charmante jeune femme m'attendait. Son visage de porcelaine était souriant et ses yeux ambre ne regardaient que moi. Ses cheveux roux et bouclés retombaient en cascade sur ses épaules dénudées parsemées de grains de beauté et sa frange effilée recouvrait son oeil droit. Sa robe rouge écarlate laissait entrevoir les formes de son corps et à en juger par moi-même, elle était plutôt bien faite.
__Tout sourire, je m'avançais, offrant un verre à ma conquête.
____- Shannon et vous ? Me dit-elle finalement, après avoir bu quelques gorgées de la Vodka que je lui apportais.
____- Aaron, répondis-je simplement. Vous êtes d'ici ?
____- Oh non, je suis là quelques mois seulement, dit -elle. Et vous ? Enfin, je peux vous tutoyer ? Le vous fait vraiment ringard et, ce serait dommage de faire passer un joli jeune homme comme vous pour un vieux, non ? Plaisantait elle, en gardant tout de même un sens du sérieux hors normes.
____- Bien sûr.. J'arrive juste. Vous êtes plutôt pas mal, vous avez quelqu'un ?
____- Et bien vous, on peut dire que vous allez droit au but ! S'exclama-t-elle, ouvrant des yeux ronds. Je n'ai personne, si vous y tenez tant.
____- Bien.
__Et je restait là, à l'admirer, me délectant de ces quelques phrases échangées. Elle me tapait dans l'oeil comme aucune autre n'avait fait auparavant. Vous savez, ce sentiment fort que l'on ressent quand on rencontre l'élue de notre coeur pour la première fois. Ce sentiment de tout connaître de sa vie, de son passé et de son futur, même si vous ne lui parler que depuis quelques minutes à peine. Ce sentiment qui vous ramollit le coeur à son approche, et qui transforme vos jambes en guimauve. Ce sentiment qui était en train de s'installer dans mon petit coeur qui commençait à dégouliner d'amour pour cette jeune femme que je ne connaissais qu'à peine.
__Sans plus attendre, je saisissais sa main tiède afin de l'entraîner vers l'escalier et monter dans ma chambre. Elle se laissait faire, sereine.

*

____- Ici, nous serons plus tranquilles, chuchotais-je, lui adressant un petit sourire timide.
__M'asseyant à ses côtés sur le lit, je l'admirais. Je l'admirais, quand le flash d'Emmy me revint à l'esprit. J'aimais Shannon. Mais pas au même point que j'aimais Emmy. J'aimais Shannon au point de vouloir tout connaître d'elle, au point de vouloir la protéger sans cesse de peur qu'elle ne se casse en deux, ou de lui donner la main pour ne pas qu'elle s'en aille. J'aimais Emmy.. sans vraiment l'aimer. Elle n'était qu'un passe-temps. Ou, un moyen de me venger de Max. Je ne sais pas. En tout cas, le sentiment d'amour pur et sincère n'était pas présent. Pas au même point qu'avec Shannon.
__Passant une main hésitante sur la joue de Shannon, mon coeur se mit à battre la chamade et elle avançait doucement sa tête jusqu'à poser ses lèvres sur les miennes. A ce contact, elle se déplaça rapidement sur le côté, afin de passer l'une de ses jambes de l'autre côté que les miennes, pour se retrouver pleinement sur moi, à m'embrasser avec autant de tendresse qu'elle le put.
__Ôtant ma chemise, elle passait une main hésitante sur mon torse et m'allongea, doucement. Petit à petit, les habits tombèrent et nous nous retrouvèrent nus, l'un contre l'autre, prêt à violer toutes les lois de notre intimité personnelle.
__Puis l'acte ce fit.
__Il y avait tellement de douceur et de tendresse dans ces gestes, que j'oubliais le contexte dans lequel nous nous trouvons. Celui de faire l'amour avant de se connaître, de passer à l'acte avant même d'avoir prit la peine de parler. De faire passer le plaisir avant l'amour véritable. Mais en y réfléchissant bien, après tout, rien de mieux pour faire connaissance, non ?
__Ses lèvres brûlantes collées aux miennes, son regard figé dans le mien, elle gémissait. Je n'étais peut-être qu'un jouet pour elle, mais un jour, elle serait mienne.

__Je l'aimais trop pour la laisser partir.. Beaucoup trop.

# Posté le mardi 10 novembre 2009 16:08

Modifié le mardi 10 novembre 2009 16:26

Chapitre VI

Chapitre VI
__Nous nous réveillâmes côtes à côtes, enlacés sous les couvertures douces et chaudes de ma chambre d'hôtel. La nuit passée avec Shannon avait été des plus éprouvante et je n'en avais perdu aucune seconde. Observant son visage pâle, je souriais, alors que celle-ci s'éveillait doucement, me laissant apercevoir son doux regard.
__L'expression qui se forma sur son visage ne fut pas celle que j'attendais. Non, vraiment pas du tout. Ses lèvres s'étiraient de manière à former une grimace et ses yeux scrutaient la pièce dans toutes les directions, comme si elle était à la recherche d'une échappatoire, pour pouvoir filer le plus rapidement possible.
__J'étais blessé. Tout en se redressant, elle poussa un cri de stupeur lorsqu'elle remarqua qu'elle était nue et plaça ses mains sur sa poitrine avant de rougir de la tête au pied. Attrapant ses quelques affaires, elle enfila le tout rapidement et m'observa quelques minutes, avant de s'interroger.
____- Dites, qu'est-ce que je fait ici ?
____- Euh, Shannon je... Tu ne te souviens pas ? Je veux dire, la nuit, la soirée même, tout ça, non ? Demandais-je, un léger soupçon de colère dans la voix.
____- Non, pas vraiment. Soupira-t-elle, en regardant ses pieds. On a fait ce que je pense ? Enfin, non finalement je ne veux pas savoir. J'étais sans doute bourrée, pour ne pas m'en souvenir.
____- Mais...
____- Quoi qu'il en soit, je pars, sinon mon petit ami risquerais de s'inquiéter. Me coupa-t-elle, sèchement. On ne se connaît pas et on ne s'est jamais vu, c'est bien comprit ?
____- Je pense oui, déclarais-je, amère.
____- Bien.
__Sans prendre la peine de dire au revoir, elle s'en allait, la tête haute.
__Me laisser aussi vulgairement que ça, seul, nu, après avoir joué avec moi toute une nuit ? M'avouer qu'elle avait un copain alors que je commençais déjà à être fou amoureux d'elle ? Vraiment ? Elle pensait que j'allais si facilement oublier ? Non. Bien sûr que non.
__Ce n'était pas dans mes habitudes d'oublier les sales coups...
__Attrapant le premier jeans qui me passait sous la main, passant rapidement un coup de brosse dans mes cheveux, je souriais, froidement.
__Sortant la petite valise de cuir marron que j'avais soigneusement dissimulée sous mon lit, je rigolais, intérieurement. Ouvrant les précieux verrous, je soupirais de satisfaction en regardant mes outils.
Lames, flingues, silencieux où non, petit ou gros calibre, j'avais le choix. Vraiment le choix. Sans doutes cette trahison n'était rien, sans doutes j'aurais pu passer à côté. Mais le truc, c'est que ça m'était insupportable de savoir que mon honneur avait été ainsi bafoué. C'est moi qui manipulais et personne d'autre. Cette petite sotte voulait se jouer de mon amour ? Et bien, moi, je me jouerais de sa vie.

__Au revoir, Shannon.

*

__Descendant dans le hall, j'observai les différentes personnes qui défilaient, mais aucune ne ressemblait à ma cible.
__Son petit corps frêle ne serait sans doute pas difficile à éteindre, le problème, c'est qu'il restait à savoir comment. Et surtout, quand.
__Commandant un café, je m'asseyais, jouant avec mes doigts sur le rebord de la petite table en acajou. Les mosaïques qui l'ornaient était d'une splendeur rare et sans rien cacher, je me suis perdu devant pendant dix bonnes minutes. Jusqu'au moment où une chevelure rousse me fit immédiatement relevé la tête.
__Elle.
__Au bras d'un homme dont les bras en question faisait trois fois mon cerveau. J'étais mal. Sans réellement m'approcher, je payais le café que je n'avais même pas bu pour les prendre en pseudo-filature. Deux voitures différentes les attendaient. Une noire, une blanche, laquée à la perfection, avec aucunes traces de saleté ou autre.
__Sortant du côté passager, un homme vint ouvrir à Shannon, avant de s'installer à nouveau et de démarrer, lentement.
__Ainsi, Shannon était une riche ? L'une de ces filles qui vous regardent de haut, tout en vous jugeant sur la qualité de votre travail et votre salaire au mois, qui vous insultent de tous les noms lorsque leur volonté n'est pas exaucé et qui se font des millions de complexes ?
__Mais ou était la Shannon d'hier soir, bordel ?
__Impossible.
__Rentrant la tête dans les épaules, je marchais, pour demander au premier taxi de la suivre.
Je me donnais du mal. Vraiment du mal. Mais je voulais me venger. Je ne supportais pas l'idée qu'elle aille coucher avec moi pour ensuite aller faire les yeux doux à son petit ami beaucoup plus musclé qu'il n'était intelligent. Non, je ne supportais pas. Pourquoi ? Puisque, tout simplement, c'était la mienne.
__Et rien que la mienne.

__Sa vie m'appartenait, elle était scellée à la mienne, comme on scelle une lettre avec un sceau de cire. Aucune différence. Elle serait à moi pour l'éternité. Je l'aimais, elle se devait de m'aimer. Ou alors, la mort serait son seul point d'échappatoire...

__La pire erreur de sa vie avait été de me rencontrer.
*

____- Le meurtre de la célèbre Shannon, femme du footballer réputé a été déclaré ce matin, à l'aube, alors qu'elle s'apprêtait à rentrer chez elle, seule. Aucune traces d'armes, de vêtements et encore moins d'empreintes digitales. Le cadavre à tout d'abord été étouffé, avant d'être transpercer par une douzaine de coups de couteau. L'autopsie n'indique aucune prise de médicaments. En revanche, on peut voir que les vertèbres ont été gravement atteintes, ce qui a sans doutes dut précipiter sa mort. L'idée du suicide reste donc à l'écart et l'assassinat revient en force. Le mari de cette dernière la trouvée alors qu'il rentrait de son entraînement. Le fameux tueur, à présent réputé en Amérique, serait donc venu à San Angelo ? Ou quelqu'un d'autre prend sa relève ? Affaire à suivre..

*

____- Te voilà ma belle, lui soufflais-je, lentement.
__Le matin n'était pas le meilleur moment de la journée pour tuer. Vraiment pas. Trop de possibilités de visites imprévues, d'observations par le voisinage, non tout ça, c'était vraiment pas le top. Mais pour une fois, l'occasion était trop belle et j'allais saisir cette chance.
____- Tu te souviens de moi maintenant ? Demandais-je, en élevant le ton.
____- Oui, le garçon à côté de qui je me suis retrouvée nue, dans son lit, hier à l'hôtel ou mon mari séjourne, répondit-elle simplement.
____- Bien ! On dirait que ton amnésie est partie. Et la folle nuit d'amour que l'on a passé ensemble, tu t'en souviens ? Quand tu gémissais de ta petite voix aigu, quand tu me disais encore ? Tu t'en souviens de ça ?
____- D'amour ? Mais, pour que ça soit une nuit d'amour, il faut les sentiments, non ?
____- Moi je t'aimais, Shannon ! Criais-je, en sortant le couteau de ma poche. Je t'aime ! Et tu m'as repoussé, en te montrant aux bras de se sale type et encore pire, en me laissant seul dans ce lit qu'on avait partagé. Tu m'a humilié ! Et je ne le supporte pas. Tu es la mienne Shannon, je fais ce que je veux de toi, que tu le veuilles ou non. De grès ou de force.
____- Mais vous êtes malade ! Me dit-elle en reculant doucement, de peur que je ne l'attrape.
____- Oui, malade, ou plutôt fou. De toi. Alors, maintenant aime moi, ou je te tue.
____- Jamais !
____- Bien. Désolé, mais s'en est ainsi.
__Mes mains se refermèrent sur son coup, de manière à lui enlever un maximum de voix. Ses yeux me regardaient, traumatisés et ses muscles tétanises ne bougeaient pas. Rigolant, j'appuyais, plus fort, encore plus fort. Je voulais sa mort, je voulais voir la couleur de son sang, sentir sa chaleur recouvrir mes mains, voir ses yeux morts se fermer pour la toute dernière fois.
____- Je t'aimais, Shannon.
____- Alors... Pourquoi, vous faites ça ? Dit-elle, articulant le plus possible.
____- Parce que toi, tu ne m'aimes pas.
____- Vous croyez vraiment que c'est comme ça que vous allez trouver... l'amour ?
____- Non, mais en tout cas, c'est comme ça que je veux que ta vie s'arrête. S'en es fini.
__En pressant son coup, j'entendis le petit claquement sec des cervicales et je la fis retomber inerte sur le sol.
__Ma lame se planta, plusieurs fois, au niveau de son ventre, sa tête, ou encore de son coeur. Admirant ce sang qui coulait par litres, je savourais cet instant de plaisir.
__Le meurtre provoquait en moi un plaisir immense. Le plaisir d'entendre toutes ces victimes vous appeler, vous supplier, crier, pleurer. D'entendre ces victimes se poser des questions, vous poser des questions. De les entendre vous demander pourquoi. De les voir saigner, de sentir leur sang sur vous, leur sang chaud et collant, couler le long de vos bras pour entrelacer vos doigts. Le plaisir de voir leurs regards inerte, toujours fixé sur vous. Ce regard blanc et sans expression, se regarde de mort. Le plaisir de leur fermer les paupières vous-même, pour un repos éternel.

__Oui, c'est de ce plaisir là que je vous parle.
__Celui là et rien d'autre.
__Honnêtement, vous en avez déjà connu un meilleur vous ?

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 05:41

Chapitre VII

Chapitre VII
__Je n'avais jamais réfléchi aux conséquences de mes actes. Je ne savais pas ce que cela changerait dans ma vie, ou si cela apporterait du bonheur ou du mal. Je ne savais pas non plus si c'était bien ou mauvais, mais je le faisais. Je ne me posais pas de questions, je ne me remettais pas en cause. Pour moi, c'était ma conduite qui était la plus exemplaire et aucune loi, aucune personne, rien ne pourra y changer quelque chose.
__Je n'avais jamais vraiment réfléchi non plus à ma vie. Comment allait elle se terminer ? En une vie de famille, adorable vie de famille, aux côtés d'une femme aimante et entourée de deux ou trois gosses ? Ou solitaire, dans une maison de retraite à lire les journaux à la loupe ? Je ne savais pas.

__Mais cette femme, ça aurait pu être Shannon, non ?

__C'était la première fois que je me posais des questions dans ce genre-là. Que j'avais des doutes sur la conduite que j'avais eu, des regrets, parfois. Je l'aimais vraiment, mais en me repoussant, elle m'a blessé. Était-ce une raison valable pour tuer ? N'aurais-je pas du essayer de la séduire moi-même ?
__Non. Bien sûr que non.. Je n'ai jamais aimé quelqu'un comme ça et je serait passé pour un abruti de première classe, à essayer de draguer comme un mec constipé.

__Mais je lui avais laissé le choix non ? Je n'ai pas été si cruel que ça quand même ?

__Si ? Je ne savais plus. Je ne savais pas. Ma vie ne se résumais à rien. A rien du tout. Des meurtres à tout va sans aucune raisons, des soirées de chagrins noyés dans l'alcool, des petites qui me satisfaisaient sexuellement le temps d'une nuit et voilà. Voilà ce que je faisais de mes journées.
__Tellement de problèmes qui s'accumulaient, dans ma tête. Tellement de problèmes, que j'évacuaient en violence gratuite et autres comportement tout aussi dégradant que possible.
Tellement de problèmes...
__J'avais mal. Mais vraiment mal. Quand je disais ça, c'était pas comme les petits gamins qui disent avoir mal au moindre petit bobo, à la moindre petite éraflure et qui pleurent pour avoir un pansement fantaisie. Non, c'était bien plus fort. Bien plus puissant, plus violent.

__J'avais mal au coeur.

__A ce coeur vide de toute émotion, de tout sentiment d'amour. A ce coeur qui se contractait a chaque pas que je faisais, a chaque mouvement que mon corps effectuait. A mon coeur qui me donnait une sensation de déchirement continu, sans arrêt, sans cesses. A mon coeur noir cendres, dont le soleil miniature qui l'éclairait à ma naissance était partie, sans doutes donner de la joie a d'autres personnes que moi. A d'autres personnes qui le méritaient beaucoup plus que moi.

__J'avais mal à mon coeur.

__Et en ce moment même, dans mon lit, enfermé dans ma petite chambre d'hôtel, sous mes couvertures douces et chaudes, éclairé par la petite lampe de chevet qui donnait une légère lumière douce et tamisée, les larmes dévalaient mes joues.
__Des larmes salées, qui coulaient sans relâche de mes yeux humides, pour aller s'écraser contre mes lèvres. Pour aller caresser ma langue et s'évaporer, instantanément.
__Des larmes qui sortaient aussi vite que mes questions surgissaient dans mon esprit.
__Des larmes qui exprimaient tout mon désespoir, toute ma peine et toute ma tristesse. J'avais envie de crier, d'hurler, de communiquer. De montrer toute la souffrance que j'éprouvais, la maintenant et qu'on laisse enfin mon coeur en paix. Oui j'en avais envie. Vraiment envie. Parceque tout ça, tous ces trucs qui s'accumulaient, m'obligeaient à me poser énormément de questions. Énormément.
__L'hypothèse du suicide, l'hypothèse qui n'avait jusqu'alors jamais trouvé sa place dans mon esprit, se faisait de plus en plus présente et je caressais du bout des doigts l'arme qui était cachée en dessous de mon traversin.

__Peut être serait-ce la meilleure solution ?

# Posté le samedi 21 novembre 2009 05:17